Comment choisir son expert-comptable ?

13/11/2008

Choisir son expert-comptable à coup sûr sans risque de se tromper n’est certes pas chose facile et les honoraires ne constituent pas le seul critère à prendre en compte systématiquement.
Il n’est pas question ici de remettre en cause les qualités professionnelles de certains experts-comptables, plusieurs années d’étude ainsi qu’un stage professionnel de trois ans étant nécessaires pour obtenir le diplôme final.
Le présent article se propose d’éclairer le lecteur sur certains points particuliers lui permettant de mieux orienter son choix.
Après un examen de la palette de services qu’un cabinet peut mettre à la disposition de ses clients, la première démarche du chef d’entreprise sera de procéder à une étude de sa propre situation et de ses objectifs avant de pouvoir définir ses besoins.

LES MISSIONS DE L’EXPERT-COMPTABLE

- La mission classique

Cette mission consiste à tenir, centraliser et élaborer en fin d’exercice les comptes annuels de l’entreprise ainsi qu’à remplir les déclarations fiscales (TVA, taxe professionnelle…) et sociales (bulletins de paie, diverses déclarations sociales…).
Contrairement à une idée répandue, l’expert-comptable n’a pas simplement un rôle limité à la production de bilans et de déclarations, même si ce domaine occupe encore une place importante dans la profession.

- Les autres missions

Certains cabinets peuvent développer des missions dans des domaines aussi variés que :
° l’élaboration de documents prévisionnels (plans de financement, études de rentabilité…),
° diagnostics d’entreprise (étude de la situation financière, évaluation…),
° missions en matière sociale (contrats de travail, procédures de licenciement, contrats d’intéressement),
° assistance en matière de contrôle fiscal ou social,
° missions de nature fiscale (optimisation au regard de la stratégie d’investissement, des méthodes d’amortissement, de la taxe professionnelle…),
° missions juridiques (création de sociétés, procès verbaux d’assemblée générale, aide à la rédaction de certains contrats…),
° missions informatiques (assistance lors de l’informatisation et conseils dans le choix du matériel et des logiciels),
° formation (en matière comptable, sociale…).
Bien entendu, ces missions ne sont pas applicables à tous les clients, mais il est souhaitable qu’un chef d’entreprise connaisse les domaines d’activité de son cabinet.

L’ETUDE DE LA SITUATION

Rappelons au préalable que le recours à un expert-comptable est indispensable pour pouvoir bénéficier des avantages liés l’adhésion à un centre de gestion agréé.

- Analyse de l’activité

L’activité de l’exploitant est-elle spécifique (pharmacie, tabac, presse, agriculture…) ?
Si tel est le cas, celui-ci pourra se mettre en quête des cabinets ayant une spécialisation dans son secteur professionnel.
Ces cabinets maîtrisent correctement les mécanismes comptables inhérents à son secteur d’activité, ils ont également plus de référentiels et peuvent ainsi, grâce à leur savoir-faire, offrir un meilleur rapport qualité prix.

- Le chef d’entreprise souhaite t-il s’informatiser ?

L’outil informatique étant devenu plus abordable depuis quelques années, bon nombre de personnes, dans le souci d’une bonne gestion de leur entreprise souhaitent s’informatiser.
L’exploitant pourra alors s’orienter vers des cabinets pouvant lui conseiller une version simplifiée de leurs programmes informatiques (comptabilité, paie…) ainsi qu’une formation adaptée.
La mission de l’expert-comptable sera alors plus qualitative et s’orientera vers une révision des comptes ainsi que des conseils en matière d’organisation et de gestion.

- En dernier lieu, le critère géographique peut jouer

Une entreprise informatisée qui fait ses déclarations de TVA et éventuellement ses bulletins de paie sera en partie autonome et n’aura besoin de son expert-comptable que ponctuellement pour des problèmes précis. Dans ce cas, la distance ne constitue pas un inconvénient majeur.
A l’inverse, la structure entièrement dépendante d’un point de vue administratif aura tout intérêt à privilégier la proximité. Traiter les problèmes à distance est souvent plein d’aléas (grève des postes, retard dans le dépôt des diverses déclarations, augmentation des coûts…).

LE CHOIX DE L’EXPERT-COMPTABLE

- La relation chef d’entreprise/expert-comptable

Rien ne vaut un entretien de vive voix avec l’expert-comptable. A cette occasion, quelques questions portant sur les caractéristiques de l’activité exercée peuvent être posées par le chef d’entreprise. Si les réponses sont fournies clairement et si l’expert-comptable sait se mettre à la portée de son interlocuteur sans employer un jargon technique difficilement compréhensible, ce dernier aura le sentiment d’être compris.
Il pourra alors exprimer ses besoins auprès de l’expert-comptable et s’assurer qu’ils entrent dans la gamme des services proposés par le cabinet.

- La structure du cabinet

Certaines structures peuvent avoir des effectifs restreints, parfois se réduisant à leur plus simple expression, soit l’expert-comptable éventuellement secondé par un collaborateur.
L’expert-comptable sera alors l’interlocuteur privilégié du chef d’entreprise qui s’adressera à lui pour tout type de problème, ce qui constitue une garantie de qualité.
D’autres cabinets plus importants, peuvent avoir plusieurs types d’intervenants (comptable, fiscal, social, juridique…) ; chaque collaborateur est spécialisé dans son domaine et pour chaque problème spécifique.
Le chef d’entreprise pourra alors choisir le cabinet dont la structure lui convient le mieux : un interlocuteur privilégié, l’expert-comptable, ou plusieurs interlocuteurs spécialisés.

- Attention aux confusions

Il faut souligner ici que certains cabinets créent des antennes et nomment des collaborateurs directeurs de ces annexes. Plusieurs chefs d’entreprise font encore la confusion entre l’expert-comptable et le directeur ; ce dernier n’étant pas obligatoirement diplômé, seul l’expert-comptable est habilité à signer les bilans.
Enfin, il faut rappeler qu’il existe de nombreux illégaux se présentant sous diverses formes : centres informatiques, de secrétariat, conseils en gestion ; ces organismes ne sont pas habilités à tenir des comptabilités et en cas de doute, le chef d’entreprise pourra joindre le Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables dont il dépend.

Le chef d’entreprise pourra faire son choix en fonction des critères qu’il aura préalablement définis.
Foncer tête baissée, sur les conseils d’une tierce personne sans se poser de questions serait une erreur. Il ne faut pas qu’il oublie que son choix devra être adapté à son type d’exploitation et conditionnera la vie administrative de son entreprise durant plusieurs années.

Éric MOYA
Expert-comptable à ARLES

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