La création d'entreprise

Un éternel dilemme

22/10/2008

Créer son entreprise devient pour beaucoup un leitmotiv dû essentiellement à une conjoncture économique difficile. Les candidats à la création sont relativement nombreux du fait de l’augmentation continue du chômage et de la multiplication des contrats de travail précaires.
Avec toutes ces difficultés s’ouvre une solution pour certains : créer leur propre emploi en montant leur entreprise coûte que coûte sans trop se préoccuper de la qualité de leur projet ni de ses chances de réussite. C’est une des raisons pour lesquelles beaucoup échouent durant les premières années de leur existence.
Afin de limiter les échecs qui peuvent plonger les créateurs dans une situation encore moins enviable que celles qu’ils avaient avant, cet article propose une démarche destinée à apprécier la viabilité d’un projet d’entreprise.

LE PROJET

Celui-ci est directement lié à la qualité de l’entrepreneur.
Avoir une idée du fil conducteur de son activité future est indispensable, celui-ci doit être clairement défini dans l’esprit du créateur car il constituera l’objet de l’entreprise pour laquelle un code NAF sera attribué, délimitant ainsi le domaine d’intervention envisagé.

Une fois le projet défini, il est nécessaire d’apprécier son originalité ; en effet, une activité qui n’offre pas de service précis, qui ne répond pas à un réel besoin et qui arrive sur un marché déjà fortement concurrentiel n’a que peu de chances de succès.

Apprécier l’idée du porteur de projet lors d’un pré-diagnostic puis tester sa motivation et ses compétences en faisant une critique objective peut s’avérer enrichissant.

Le créateur doit savoir défendre son projet et répondre aux « attaques », car il lui faudra par la suite convaincre un certain nombre de personnes de sa viabilité : le banquier pour un prêt, les fournisseurs pour des facilités de paiement, les clients potentiels pour la qualité du service qu’il peut leur apporter…

Une expérience dans le créneau envisagé est un atout indéniable, celle-ci pouvant être complétée par une formation spécifique ou des diplômes (parfois obligatoires pour certaines activités). Elle permet d’avoir une connaissance préalable du secteur dans lequel travaillera l’entrepreneur et quelques relations professionnelles qui pourraient s’avérer fort utiles lors d’un début d’activité.

Mais ce n’est pas tout ! Le futur chef d’entreprise se doit également d’avoir des qualités de bon gestionnaire et de commercial qu’il n’a pas forcément acquises durant sa période salariée. A ce sujet, certains programmes de formation proposés par les centres de formalités des entreprises (CFE) et les centres de gestion agréés (CGA) peuvent permettre d’acquérir les compétences nécessaires.

L’ÉTUDE DE MARCHE

Une bonne évaluation du secteur d’activité peut s’avérer très précieuse, cela permet de mieux apprécier les problèmes auxquels on aura à faire face.

Avant de s’engager plus avant dans un projet, il est nécessaire d’évaluer la concurrence et les moyens dont on pourra disposer pour y faire face. Ces moyens peuvent consister en un service personnalisé, une disponibilité plus importante avec une capacité d’adaptation au marché plus rapide. Pour cela, il est nécessaire de cerner correctement les besoins de la clientèle ciblée.

Pour compléter cette étude, le créateur d’entreprise pourra consulter des synthèses professionnelles élaborées par des CGA. Leur analyse peut mettre en évidence certaines particularités liées à des situations économiques ou financières spécifiques ; elle prend en compte des données observées au travers des résultats dégagés par les adhérents pour chaque catégorie d’activité.

Le porteur de projet devra savoir rompre l’isolement dans lequel il peut se trouver, se faire connaître et pénétrer son tissu économique (association de commerçants, groupements professionnels, participation à des salons, foires, expositions). A cette occasion des contacts pourront être noués et procurer des débouchés pour sa future activité.

Si le créateur se révèle être un visionnaire dans sa partie, alors il aura toutes les chances de réussir son pari. En effet, prévoir ce que sera le devenir d’un secteur professionnel est un avantage certain et savoir anticiper est le gage le plus sûr de réussite.
Pour cela, il est nécessaire de bien connaître le secteur professionnel étudié ainsi que tous ses rouages.

LE PRÉVISIONNEL

Il doit des faire sur des critères objectifs et comporter les éléments suivants :
- un plan prévisionnel d’activité,

- des prévisions de chiffres d’affaires de l’activité projetée et de charges,

- un plan de financement tenant compte des apports personnels et des aides à la création le cas échéant,

- un tableau de synthèse comportant les principaux ratios économiques et financiers.

Le prévisionnel réalisé par le futur chef d’entreprise éventuellement aidé par son expert-comptable et son banquier s’efforcera d’être le plus réaliste possible.
En effet, lors d’une création d’entreprise, l’ouverture d’un compte professionnel s’impose. A cette occasion, le banquier appréciera la viabilité du projet au vu des documents et explications fournis, surtout si une autorisation de découvert ou un emprunt est sollicité.

Par ailleurs, l’expert-comptable pourra aider le créateur à matérialiser les documents prévisionnels.
Dans les deux cas, ces professionnels ont le devoir de se montrer objectifs et si le projet ne leur semble pas viable en faire part, quitte à perdre un client potentiel.

Créer son entreprise est certes chose facile d’un point de vue administratif. Depuis plusieurs années, les formalités ont été simplifiées et les CFE se chargent de la majorité des démarches à accomplir.

La suite n’est pas aussi aisée pour le jeune entrepreneur qui devra affronter la dure réalité du marché et ne pas hésiter à se remettre en question. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de s’y être bien préparé avant.

Compte tenu de ces indications, le candidat à la création pourra prendre sa décision en se rappelant que la vie de chef d’entreprise n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

Eric MOYA, Expert-comptable à ARLES

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